Les retraités de la Sûreté du Québec dans les décennies 1960 et 1970 – Pour bien comprendre une date aussi tardive pour la création d’une première association, il faut savoir que le nombre de retraités était d’abord insuffisant. On reconnaîtra que pour avoir un certain intérêt et impact, un tel mouvement se doit d’avoir un assez grand nombre de membres ce qui n’était pas le cas.

Lors de la réorganisation de la Sûreté du Québec en 1960-1961, l’effectif de l’organisation était d’environ 1500 membres. De plus, les membres contribuaient et bénéficiaient d’un service, virtuellement, de retraite seulement depuis 1942; aussi plusieurs avaient perdu des années de service, victimes de la politique partisane à la suite des élections de 1936, 1939 et 1944. Également, les traitements n’étaient pas très élevés de sorte qu’en 1960-1961, une majorité de policiers ne comptaient pas encore quelques dizaines de contribution et ne pouvaient espérer une rente suffisante pour vivre.

Ce n’est qu’à partir de septembre 1971, qu’un régime de retraite unique aux policiers de la Sûreté du Québec a pris forme à la suite de négociations avec l’Association des policiers provinciaux (APPQ) créée en 1966. Selon la Commission administrative des régimes de retraite et d’assurances (CARRA) à la fin de 1978, on comptait 119 membres retraités selon les règles d’un régime avant 1971 et 343 retraités avec le nouveau régime exclusif aux policiers provinciaux.

Avant-project

En 1977, le directeur général Jacques Beaudoin, qui a fait toute sa carrière à la Sûreté du Québec, croit sincèrement, à l’importance de mettre en valeur les retraités et leur accordant tout le support nécessaire. Il est inspiré par les militaires et l’importance accordée à ses vétérans. Il convainc son état-major et obtient leur appui pour soutenir la volonté des retraités de former une association.

Il profite de la présence d’officiers retraités à un souper aux huîtres du Cercle des officiers pour leur faire part de cet appui. Ces officiers retraités viennent de Montréal, Québec et certaines autres régions.

C’est donc normal que des officiers dominent au début les premiers conseils de la direction générale.

“La constitution de l’Association des Policiers retraités de la Sûreté du Québec marque une étape importante dans la recherche du sentiment d’appartenance et de fierté que nous cherchons à inculquer depuis plusieurs années à nos membres.”

En effet, il importe de fournir à ceux qui ont dédié leur vie à la Sûreté, un moyen de communiquer pour garder contact avec l’organisation et le milieu de travail. Il est aussi important de leur fournir des occasions de fraterniser avec les “vieux” copains et d’apporter un réconfort moral à ceux qui, inévitablement, en ont besoin.

J’invite donc tous les retraités à joindre ce groupe sélect de compagnons de travail. Votre participation ne vous apportera certes pas de bénéfices sociaux additionnels, mais la franche camaraderie de gens que vous avez aimés et côtoyés.

Restons donc en contact via notre association et ne manquez pas l’occasion de participer. C’est là le vœu que je formule aujourd’hui.”

Jacques Beaudoin